L’oeil numérique
PHOTOGRAPHIE. Alexandre Cometti, photographe professionnel mène depuis plusieurs années une réflexion sur son métier pour l’adapter aux changements qu’a entraînés l’essor du numérique.
Le parcours d’un précurseur.
Son parcours a été celui d’un autodidacte. « La photographie est pour moi une vocation. J’ai commencé à l’age huit ans. J’aurais aimé faire des études de photographie mais à mon époque ce sont des formations qui étaient excessivement chères et inaccessibles financièrement pour moi. Donc j’ai poursuivi mes études dans un autre domaine et je suis revenu à la photo à l’age de 20 ans. Là, j’ai commencé à apprendre vraiment, dans un club photo ».
Il s’est forgé ensuite une expérience professionnelle. « J’ai d’abord fait un stage chez Sud Ouest. Puis, j’ai fait des animations photo et des saisons comme photographe de plage. J’ai ensuite été l’assistant d’un photographe professionnel pendant un an. Après, pendant cinq ans, j’ai travaillé comme photographe pour la ville de Pessac puis pour le Conseil général ».
Est ensuite arrivée l’ère du numérique. Il a passé plusieurs années à se former aux nouvelles technologies avant de créer son entreprise. Il propose les prestations classiques des photographes : portraits, mariages et célébrations, publicité… mais avec une différence de taille. En effet, il a été l’un des premiers photographes professionnels en Aquitaine à proposer ses reportages sans tirage papier, uniquement sur support numérique.
Photographe et observateur.
Ce choix s’est imposé à lui naturellement, pour des raisons économiques bien sûr mais aussi pour sortir des pratiques professionnelles habituelles. « J’ai essayé, dit-il, de réfléchir à la manière de commercialiser mes photos. Sur un CD, je fournis aux clients toutes les photos que j’ai prises. Ils n’ont pas à faire un choix frustrant, ni à acheter chaque photo une par une. L’important pour moi c’est la notion de partage. D’autant que l’on n’est encore qu’au début d’Internet, et l’amélioration des débits va encore plus faciliter le partage des photographies »
Il essaye d’avoir sur son métier et sur la société une vision critique. En parallèle de ses activités, il tient un blog, « le photographe cybernomade », dans lequel il traite de la place de l’image dans notre époque, de la manière dont, selon lui, elle est parfois dévoyée. « On est inondé par les informations, on connaît tout de la vie des people, on sait tout ce qui se passe à l’autre bout du monde, mais on ne connaît même pas son voisin. »
Ce blog est pour lui le moyen d’exprimer ses convictions. « L’accès à l’art est souvent monopolisé par les élites. Ca me permet d’expliquer ce qu’est pour moi la photographie ainsi que ma manière de concevoir mon métier. »
Alexandre Cometti est bien conscient que le métier de photographe professionnel est en crise. « Je pense, reconnaît-il, que mon activité ne peut pas exister sans qu’il y ait des changements profonds au niveau des statuts et des mentalités ». Cependant, il reste très confiant sur l’avenir de sa profession. « C’est vrai que l’on assiste aujourd’hui à une explosion de la photographie. Tout le monde a un appareil numérique ou un téléphone qui prend des photos. Pour autant ce n’est pas la mort des photographes professionnels. Un photographe sait faire de belles photos, il sait aussi raconter une histoire. »
Alexandre Piboyeux
Photo d’Alexandre Cometti.
Son site commercial : http://acometti.blogspot.com
Son blog : http://lephotographecybernomade.blogspot.com


