Un microcrédit pour se lancer
ENTREPRISE.
Le microcrédit se développe en France. Il permet souvent à des personnes en
difficultés financières de s’en sortir en créant leur entreprise
Ce
modèle économique, qui a été développé dans les pays du Tiers Monde (voir Blog-notes) connaît depuis plusieurs années un essor en France, avec quelques
particularités comme le souligne Jean-Marc Ewald, directeur de l’Adie Aquitaine
(Association pour le développement de l’initiative économique) : « la
plupart des microcrédits dans le monde financent des activités qui existent
déjà avec des petits prêts, servant souvent à financer un cycle d’exploitation.
En France et en particulier à l’Adie, 70% des prêts financent la création
d’entreprise. Les montants sont donc différents, en particulier parce que nous
sommes dans des systèmes économiques beaucoup plus complexes ».
En
effet, quand le montant moyen du microcrédit est d’environ 300 euros en Afrique
ou en Asie, il se situe entre 3000 et 5000 euros en France. Le but est
cependant le même : permettre à des populations exclues de sortir de la
pauvreté.
Coup de
pouce économique. C’est en particulier aux chômeurs et aux rmistes qui n’ont
pas accès au crédit bancaire que s’adresse l’Adie. Le microcrédit est conçu
comme un levier économique afin de leur permettre de transformer leurs idées et
leur savoir-faire, en emploi et en richesse. Ce système a des résultats très
encourageants, « le taux de pérennité sur trois ans des entreprises créées
(60 %) est conforme à la moyenne nationale et les taux d’impayés atteignent
seulement 5%, ce qui est très inférieur à la moyenne bancaire. Surtout 80% des
emprunteurs sont sortis des minima sociaux. »
Ces
bons chiffres, le directeur de l’Adie Aquitaine les explique surtout par les
actions d’accompagnement que mène l’association en amont et en aval de la
création d’entreprise, et pour lesquelles elle reçoit le soutien de l’Etat et
des collectivités locales. « Cette dimension est aussi importante que le
crédit lui-même. Nous assurons une permanence téléphonique et proposons des
formations dans lesquelles nous essayons d’être le plus pratique possible. Chaque
dossier est suivi par un conseiller. »
Les
jeunes et la création d’entreprise. Généralement, le microcrédit s’adresse
principalement à des personnes ayant déjà une expérience professionnelle.
Cependant de plus en plus de jeunes s’y intéressent. « Grâce à un sondage,
nous nous sommes rendus compte que les ascenseurs sociaux auxquels croient le
plus les jeunes des zones urbaines défavorisées sont à égalité le sport de haut
niveau et la création d’entreprise. »
Pour répondre à cette aspiration, l’Adie a décidé de créer le dispositif CréaJeunes qui sera effectif à partir du mois de février 2008. Il s’agira d’adapter le modèle du microcrédit à des populations plus jeunes qui ne peuvent pas, en particulier, s’appuyer sur une expérience professionnelle très importante. Christine Panteix qui est en charge du projet pour l’Aquitaine insiste sur l’accompagnement qui leur sera apporté. « Cela va être très personnalisé. En fonction du profil, un panel de formations et de suivi sera proposé. Nous ciblons les jeunes des zones urbaines sensibles en priorité et nous nous attendons à avoir des jeunes qui ont quitté le système scolaire très tôt. Donc pour éviter le côté rébarbatif des formations, nous privilégierons les ateliers, pour les faire participer, l’immersion en entreprise et des séances de coaching. »
Alexandre Piboyeux

