Les nouveaux devoirs des demandeurs d’emploi
Le projet de loi intitulé « droits et
devoirs des demandeurs d’emploi » a été présenté hier au Conseil des ministres
par Christine Lagarde. Mais c’est Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à
l’emploi, qui a assuré la promo dans les médias au cours de la matinée.
On a pu l’entendre
notamment sur France-Inter et le voir sur France 2, répétant à l’envi que le
gouvernement avait recherché « l’équilibre » entre « les droits » et les «
devoirs » désormais définis des demandeurs d’emploi.
Côté nouveaux droits, le texte se montre pour le
moins imprécis. Le gouvernement évoque des « droits plus nombreux » et de citer
: « Une simplification des démarches, un accompagnement personnalisé, une offre
de services rénovée ». Sans donner plus de détails, il s’en remet au nouvel opérateur qui sera
issu de la fusion de l’ANPE et des Assedic.
Radiations. Côté nouveaux devoirs, en revanche, il se montre beaucoup
plus clair et précis. Le gouvernement abandonne le concept actuel de l’offre «
valable » d’emploi au profit de l’offre « raisonnable », qu’il sera plus
culpabilisant de refuser, à supposer, bien sûr, que la majorité des chômeurs
soient en situation de refuser les propositions qui leur sont faites pour sortir
de la galère du chômage.
Or, Laurent Wauquiez le reconnaissait lui-même hier matin sur les ondes
de Radio-France, les nouvelles dispositions sanctions du projet de loi
concerneront environ 5 % seulement des demandeurs d’emploi, ceux qui se montrent
particulièrement difficiles, en particulier sur les salaires ou sur la qualité
des emplois.
Des
critères qui comptent plus particulièrement pour les cadres. Désormais, le demandeur d’emploi
devra s’engager à ne pas refuser plus de deux offres « raisonnables » sous peine
d’une radiation de deux mois le privant de tous ses droits. Salaire. Après un an de chômage,
il devra accepter toute offre dont le salaire sera au moins équivalent au
montant de son allocation. D’un point de vue géographique, après six mois de
chômage, il devra accepter toute offre située à moins de 30 kilomètres de son
domicile ou une heure de transport en commun.
Le projet de loi ne fait pas de distinction
entre le contrat à durée indéterminée et les autres formes de contrat : un CDD
ou une mission d’intérim seraient jugés tout aussi valables qu’un contrat
durable.
Rejeté par
l’ensemble des syndicats, ce projet de loi sera débattu au Parlement avant
l’été. Son examen débutera au Sénat le 23 juin.
Article de Régine Jordan

