L’expérience du voyage
TOURISME. Passionnée de voyages, Anne Sorin s’est lancée dans l’aventure de la création de son agence de voyages indépendante. Portrait d’une globe trotter entrepreneuse
Les métiers du tourisme et du voyage sont très attractifs chez les jeunes. Mais comme souvent, la réalité d’un secteur peut s’avérer différente des rêves et des fausses idées qu’il peut véhiculer. C’est par passion qu’Anne Sorin a créé son agence de voyage, Regards d’ailleurs, qui a ouvert ses portes au public en janvier 2007. Elle porte sur son métier un regard à la fois lucide et optimiste.
Un parcours atypique.
C’est riche d’expérience qu’Anne Sorin a créé son entreprise. D’abord, en tant que voyageuse : « Je suis passionnée de voyages depuis l’age de 15 ans. J’ai visité une trentaine de pays. J’ai pas mal bourlingué en sac à dos ». Trilingue (français, anglais, russe) elle a également travaillé à l’étranger. « Après avoir fait une école de commerce, l’INSEEC, à Bordeaux, j’ai travaillé dans l’assurance-assistance des voyageurs, puis pendant 7 ans, dans la grande distribution, en Angleterre et en France, dans la gestion administrative et commerciale. »
Elle a ensuite décidé de créer
son agence de voyage. Elle reprend alors ses études, suit une formation de
création d’entreprise, et obtient un BTS Tourisme, nécessaire à l’homologation
préfectorale indispensable à l’ouverture d’une agence.
Le choix de l’indépendance.
S’insérer dans ce marché très
concurrentiel et encadré n’est pas facile. Anne Sorin a fait le choix de
l’indépendance. « Je veux pas qu’on m’impose une vitrine, un catalogue, un
chiffre à réaliser. J’ai donc fait le choix d’ouvrir une agence indépendante et
j’essaye de promouvoir des produits un peu différents ». “Regards d’ailleurs” propose deux
spécialisations. D’un côté, un pôle géographique : les pays orthodoxes de
Parallèlement, son agence offre
toutes les prestations classiques et travaille avec la plupart des tours
opérateurs. Elle propose également des voyages « à la carte » :
« Le client vient, nous dit ce qu’il aime, ce qu’il n’aime pas et nous
travaillons ensuite pour proposer un voyage sur mesure. Du coup vous ne payez
que pour les prestations que vous voulez. Au final, ce n’est pas forcément plus
cher ».
Passion et expérience.
La concurrence est rude, mais elle reste persuadée que les agences de voyage ont une place à tenir. « Il y a besoin des agences de voyages. Il y a beaucoup de pays pour lesquels on a besoin d’un interlocuteur. Vous n’allez pas pouvoir partir en Kamtchatka ou en Sibérie comme ça, en commandant votre voyage sur Internet ». Elle ne craint pas que les agences en ligne occupent tout le marché. « En vérité, il y a un gros leurre sur cette question. Toutes les agences, mêmes sur Internet, revendent les mêmes offres, les prix des voyagistes sont les mêmes. Et la personne qui vient nous voir a en plus l’avantage d’avoir un interlocuteur et un paiement sécurisé ».
Elle veut cependant être lucide pour les jeunes souhaitant travailler en agence. « Les agences ne sont pas les commerces qui rapportent le plus. Par rapport aux diplômes et aux compétences demandées, les salaires ne sont pas élevés et il y a peu de possibilités d’évolution ». Les postes à responsabilités sont rares, il faut donc être motivé et passionné. « Pour un jeune qui débute, il est primordial d’avoir voyagé que ce soit en humanitaire, en affaires, ou en tourisme. Il est toujours important d’avoir une expérience à l’étranger, une vraie connaissance d’un pays. »
Alexandre Piboyeux
Regards d’Ailleurs
25 rue Notre-Dame, 33 000
BORDEAUX
05 56 44 87 30
www.regards-ailleurs.com


