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Tourisme : les employeurs se regoupent

Tout au long de l’année, l’activité touristique, plus que dans tout autre secteur, est en dent de scie. Les contrats de travail saisonniers restent donc la solution pour tous les professionnels du tourisme. Cette saisonnalité est ainsi une des plaies du secteur, aussi bien pour les employés qui ne trouvent du travail qu’une partie de l’année, que pour les investisseurs qui doivent rentabiliser leurs investissements sur des périodes très courtes.


Inconvénients de saison. La durée moyenne des contrats varie fortement selon les zones géographiques. Elle est d’environ deux mois dans les zones balnéaires de l’Atlantique,  ou de six à huit mois en montagne pour les bi-saisonniers.
Outre la précarité qu’il implique, le travail saisonnier entraîne d’autres inconvénients : des difficultés de recrutement qui se renouvellent chaque année, le forte mobilité inhérente à ce type d’emploi, un rythme de travail souvent difficile, sans omettre le nombre plus ou moins important de saisonniers qui travaillent sans contrat. Pourtant une saisonnalité mieux gérée profiterait à tout le monde, employés comme employeurs.

Dans certaines stations comme celle de Dax (40), quelques entreprises ont opté pour une autre gestion du temps : les périodes creuses sont rentabilisées et servent à la formation continue du personnel. Cette politique a été rendu possible notamment grâce à la durée de la saison de ce lieu du thermalisme, plus importante que sur la côte Atlantique.


Gérer les parcours saisonniers. La Maison des Saisonniers (MDS) d’Arcachon qui dépend de la Communauté du Bassin d’Arcachon Sud, porte en ce sens, depuis six ans, un projet visant à donner un ensemble de réponses territoriales autour de la problématique de la saisonnalité.

Cette démarche permet de développer l’accès des salariés saisonniers à différentes informations sur la réglementation, la santé, l’emploi, le logement et les conditions de travail et de séjour. D’apporter un soutien aux salariés saisonniers pour disposer d’un hébergement salubre, accessible financièrement et géographiquement (37 saisonniers sont ainsi hébergés grâce à l’action de la MDS). D’apporter une aide à la conception, à la réalisation et à la gestion des parcours professionnels des saisonniers, salariés ou indépendants. Et enfin de faciliter le rapprochement de la demande et de l’offre d’emploi saisonnière en diffusant plus largement l’offre.


Projet transrégional. Plus spécifique aux saisonniers natifs du Bassin d’Arcachon, une opération intitulée « la saison c’est toute l’année » concerne 30 saisonniers en insertion, originaires du Sud Bassin et du Val de l’Eyre. Cette action est l’occasion de vérifier l’opportunité de créer un groupement d’employeurs entre le Bassin d’Arcachon et Val de l’Eyre, et Serre-Chevalier et/ou les Hautes-Pyrénées.

Les salariés pourraient par ce biais bénéficier d’un contrat à durée indéterminée et être employés l’hiver à la montagne et l’été sur la côte Atlantique. Ils auraient ainsi accès aux congés payés durant la saison creuse de l’année (octobre et novembre dans ce cas précis). Ce type de projet est d’ailleurs déjà en vigueur à Saint-Lary mais dans le cadre d’une pluri-activités : un travail l’hiver dans les stations de ski, et un autre emploi l’été mais toujours sur le secteur de Saint-Lary.

La difficulté principale du projet concernant le jumelage Bassin d’Arcachon Serre-Chevalier réside en la transrégionalité, d’après Cécile Benoît, directrice adjointe de la Maison des Saisonniers. « La plupart des employeurs auxquels nous soumettons la possibilité d’un groupement trouvent l’idée très séduisante. La difficulté reste la mise en place. Cela demande beaucoup d’organisation, mais les employeurs en tireraient un grand bénéfice, tout comme les travailleurs saisonniers.»

:Isabelle Le Blanc

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