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La retraite, bien avant l’âge

FIN DE CARRIERE. A peine embauchés, certains Français pensent déjà à « l’Eldorado » que serait la retraite. Peut-on se préparer à la cessation d’activité dès 20 ans ?

« Bonjour, je voudrais faire un relevé de carrière s’il-vous-plaît ». Vendredi 5 octobre, à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, le stand de la Caisse Régionale d’Assurance Maladie est pris d’assaut pour cette première journée d’information pour « préparer et bien vivre sa retraite ». Le conseiller CRAM nous dévisage : jeans et Converses, notre allure le fait douter. « Un relevé de carrière pour vous ? Mais vous avez quel âge ? ». « 25 ans, et je veux tout savoir ! ». Le conseiller, s’exécute, amusé. Résultats : 18 trimestres de travail enregistrés sur 160 à faire jusqu’à la cessation d’activité ! La route est encore longue, mais l’on en profite pour récolter les bonnes informations, à utiliser dès 20 ans pour partir à la retraite, un jour, serein.

1. Soyez conservateur. Conserver des preuves du travail effectué, quelque que soit le job : c’est le premier conseil que donne Elisa Tebar, 29 ans, conseillère à la CRAM. « Ces justificatifs - qui peuvent être des bulletins de salaire ou des attestations de travail - vont être utiles en cas d’erreur dans le relevé de carrière. Ils vous permettront de contester et de prouver que vous avez bien travaillé à une époque donnée. »

2. Oubliez le black. « Les jeunes ont souvent des emplois non-déclarés. C’est vraiment dommage car cela ne sera pas pris en compte pour leur retraite », souligne Elisa. En résumé, si le travail au noir permet de ne pas payer d’impôt, il n’y aura absolument aucune cotisation pour vos vieux jours.

3. Au boulot et vite !
C’est d’une logique implacable, plus on attend pour travailler, plus la retraite se prendra tard. Un fait à méditer pour les étudiants qui terminent leurs études à presque trente ans – et ils sont de plus en plus nombreux. L’idéal est donc de trouver un job étudiant déclaré, qui permet déjà d’enregistrer des « trimestres de travail ». Car la retraite se calcule en trimestre, et pour en valider un, ce n’est pas la durée du contrat qui compte mais le salaire touché. Par exemple en 1992, pour valider un trimestre de travail, il fallait avoir gagné l’équivalent de 6 352 francs sur le trimestre.

4. J’achète mes études.
Bon à savoir : jusqu’à 59 ans, il est possible de racheter jusqu’à trois années d’études validées afin d’augmenter son capital de trimestres travaillés. Or, plus on achète tôt, moins la facture est élevée. « Par exemple à 20 ans, un trimestre d’étude se rachète entre 949 et 1 266 euros, précise Elisa. A 59 ans, c’est entre 2 918 et 5 800 euros ! ».

5. Avoir son bas de laine. Preuve que les grand-mères ont toujours raison, même la conseillère CRAM nous glisse qu’il vaut mieux se préparer son pactole de retraité. « Les retraites ne sont jamais très importantes, admet Elisa. Et ce même si l’on prend en compte les vingt-cinq meilleures années sur quarante ans de travail. » (NDLR : le mode de calcul est différent pour les fonctionnaires, voir le site www.fonction-publique.retraites.gouv.fr)

6. Surfez sur le web, et fêtez vos 35 ans. Sur le site www.retraite.cnav.fr, vous pouvez déjà visualiser votre relevé de carrière, et faire une estimation du montant de votre future retraite… uniquement à partir de 54 ans. A partir de 35 ans, et tous les cinq ans, un Relevé Individuel de Situation (RIS) sera par contre bientôt envoyé à tous les Français, sans qu’aucune démarche ne soit nécessaire. De même, dès 55 ans, les Français recevront prochainement l’Estimation Indicative Globale (EIG), et connaîtront tous les cinq ans, sans faire de démarche, le possible montant de leur future retraite.


Article de jessica_agache@yahoo.fr

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